SOMMIERES et sa région - TOURISME - Les ruines de Montredon
* 8/07/2017 21:37:34 *

Les ruines de MONTREDON

 

 

Surplombant Sommières et la vallée du Vidourle, MONTREDON a une bien curieuse histoire.

Château fort en pleine époque médiévale, les maitres de lieux faisaient régner la terreur sur la région. Sa puissance a été détruite sans doute par Blanche de Castille alors que St Louis était occupé dans la région à créer le village d'Aigues Mortes, les armées du roi ont soumis les cinq frères qui étaient coseigneurs de la baronnie de Montredon. Les biens des seigneurs ont été saisis par la couronne et les terres ont été vendues.

Sur les ruines du château un village a été construit et habité jusqu'au 19ième siècle.

Les ruines du village (plusieurs dizaines de maisons) subsistent encore.
Ces vieilles pierres possèdent le charme particulier des lieux qui ont vécus et que les hommes ont abandonnés.

Vous trouverez en fin de cette page l'introduction extraite d'un document de M. Aimé JEANJEAN

 

 

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Vue au nord depuis Montredon (St Julien de Salinelles et le Vidourle)

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Vue à l'est depuis Montredon  (Villevielle et Sommières)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

situation sur la carte
où c'est ?

 

 

 

 

  


extrait

 

 

 

 

 INTRODUCTION

 

 

                                     Etiam perire ruinae...

A un kilomètre de Sommières à peine, la route départementale 35, conduisant des Cévennes à la mer par Anduze et Quissac, s'étrangle sur plusieurs centaines de mètres entre Vidourle et le pied d'une colline couverte de pins magnifiques, de chênes verts, et d'yeuses imposants.

Lorsque l'hiver a dépouillé la végétation de ses feuillages, un oeil averti peut distinguer au sommet du mamelon, des pans de murs et quelques habitations en ruines.

L'accès n'est pas facile au milieu des ronces et des clapas ; soudain voilà devant nous les restes de l'antique baronnie de Montredon (Mons Rotundus) et de son château féodal.

Un grand mur encore debout, perchoir pour les corneilles, présente l'amorce d'une voûte et de chapitaux taillés dans la pierre blanche du pays ; quelques fenêtres béantes baillent au ciel bleu. Une "crotte" naguère utilisée comme bergerie témoigne de la robustesse des constructions. Une touffe de figuiers cache un escalier qui s'ouvre sur le vide.

A quelques dizaines de mètres de là, face à l'ouest, d'anciennes habitations encore occupées il y a moins d'un siècle s'effondrent, s'éventrent. De modernes constructeurs récupèrent les tuiles et les poutres noircies ; les chasseurs "déclapassent" les lapins de garenne ; la truffe noire murit au milieu des pierres chauffées par le soleil. Par un curieux anachronisme, une antenne-relais de télévision se dresse près de là.

Du haut de la colline, le spectacle est admirable, vaste et varié. Voici au Nord la plaine de Campagne et ses villages bâtis sur la périphérie Salinelles et son église Romane, Lecques, Aspères dominé par les vestiges de son abbaye bénédictine, Campagne, Garrigues. En arrière plan le Bois de Paris (bois des paries fortifications, murailles) et les premiers contreforts des Cévennes avec, dans le lointain, le Mont Aigoual encapuchonné de neige, l'hiver. Et puis à gauche la Pène, le Pic St Loup, en forme de dent, l'Hortus réputé pour son miel. Au sud, la vue porte jusqu'à St Hilaire de Beauvoir et Beaulieu. Voici la ligne de platanes bordant la route de crêtes entre Boisseron et Restinclières.

 La tour du vieux château féodal de Sommières veille sur la petite ville pressée à ses pieds et son pont romain, que surplombe Villevieille, la Villavetus du Moyen Age avec son château historique où St Louis aurait séjourné en 1270.

Plus à l'est, l'horizon s'élargit vers la Vaunage derrière les collines de Souvignargues. Dans le creux se développe la noble façade du château de Pondres.

Enfin à nos pieds, le lit du terrible Vidourle. Partout la garrigue se partage le territoire avec la vigne et les oliviers. Partout les plantes à essences sentent bon notre midi.

J'ai souvent dans mon enfance entendu raconter l'histoire du château détruit par St Louis, après un siège terrible, et celle de Blanche de Castille accrochant son écharpe aux ronces du chemin.

Mon grand-père m'a souvent parlé du petit village où vivaient encore 70 habitants à l'époque où il était élève au Collège de Sommières (1893). Et comme bien des gens du pays, j'ai accepté ce que la tradition nous enseignait oralement.

Les hasards de ma profession m'ont fait nommer à Aspères, et depuis onze ans, j'ai comme ligne de fond à ma vie quotidienne, la plaine dominée par le Mont Rond et ses ruines.

J'ai cherché à savoir, mais les bibliothèques sont muettes. J'ai donc entrepris de fouiller dans la poussière des archives. J'ai amassé des quantités de notes, et c'est à la demande d'amis que j'ose en extraire quelques pages, travail d'amateur (au sens éthymologique) et sans prétention.

Je dois remercier ici le Dr Lavie qui au départ m'a confié le résultat des recherches effectuées par son frère sur Aspères et sa région, et qui m'a ouvert sa bibliothèque ainsi que tous ceux qui m'ont aidé et m'aident encore dans ce passionnant passe-temps.

A une époque où la langue et la culture occitane renaissent, où historiens, anthropologues, linguistes se penchent sur notre civilisation, j'essaye de lever un coin de voile qui cache une partie de notre histoire locale. Mais nombreuses sont les lacunes et j'espère qu'un jour quelqu'un fera toute la lumière avant que les ruines elles-mêmes ne disparaissent.
 

Aimé JEANJEAN   (Aspères Pâques 1975 - Juin 1978)
 

   

 

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